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Beitbridge En Occitanie, les plateformes territoriales d’appui fertilisent les sols de la convergence des dispositifs d’appui à la coordination.

https://www.revestdecor.com.br/3389-dtpt51922-imagens-de-namoro-tumblr.html Nées de la loi du 20 janvier ( El Limón décret du 4 juillet Utrera ) 2016 et à peine constituées, les  plateformes territoriales d’appui pourraient paraître obsolètes face aux futurs DAC censés faire converger l’ensemble des dispositifs d’appui à la coordination des parcours complexes. Il n’en est rien, bien au contraire : pendant que les décrets défilent, sur le terrain que se passe-t-il ? Depuis l’ouverture de la première PTA en région il y a deux ans, elles sont aujourd’hui cinq en activité. Retour sur ces premières expériences, sur la richesse de leurs initiatives, et sur la plus-value déjà mesurable sur la structuration territoriale des parcours de santé. 

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L’activité des PTA en Occitanie se répartie entre plusieurs missions. En premier lieu, le professionnel de santé qui interpelle la PTA via son numéro unique cherche à être mis en relation avec une ressource de son territoire qu’il ne trouve pas ou ne connaît pas. Entendez par ressources : établissement, service, compétence, spécialité … le spectre est large. Pour le docteur Olivier Darreye, médecin généraliste dans le Lot, la PTA « c’est un outil qui permet de trouver un professionnel, une compétence que l’on n’aurait pas trouvée autrement ». Célia Gener, coordinatrice de la PTA du Gers précise que « pour les professionnels qui ont pris l’habitude de nous solliciter c’est un réel gain de temps car ils n’ont pas à chercher l’information ». La mission d’information et d’orientation représente globalement la majorité de sollicitations téléphoniques, bien que le ratio ne soit pas le même d’un dispositif à un autre.

Dans la deuxième région la plus grande de France, le périmètre d’une PTA est départemental. Comment répondre à la diversité des sollicitations ? En l’absence de réponses de la part des composantes du dispositif, les équipes s’appuient sur leurs recherches et construisent leurs propres outils : « C’est impossible d’avoir une ressource exhaustive -tout âge, toute pathologie-. Nous enrichissons au fur et à mesure des demandes, dernièrement nous avons été amenées à recenser les dispositifs pour les femmes victimes de violences conjugales » explique Laure Prouzet, assistante sociale de la PTA des Pyrénées-Orientales.

Le rôle d’information, d’orientation et de mise en relation des acteurs et des ressources, opéré par la PTA contribue de facto à améliorer les prises en charge et l’égalité d’accès aux soins de la population. « Nous avons constaté un déficit de connaissance des dispositifs existants, pour certains professionnels » précise Marie-Pierre Lafon, assistante sociale pour la PTA de l’Aude. Il n’en demeure pas moins que certains territoires présentent une insuffisance de professionnels pour le domicile ne permettant pas une prise en charge optimale. A titre d’exemple l’Ouest Audois manque d’équipes mobiles, le Gers et les Pyrénées-Orientales de médecins voire d’infirmiers et d’orthophonistes.

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Au-delà de la fonction d’information, le travail mené par les PTA améliore la coordination « au lit du patient ». Sylvie Mercier, infirmière pour la plateforme de l’Aude, explique : « nous trouvons des intervenants pour le domicile, puis coordonnons les équipes. Ces intervenants n’ayant pas l’habitude de se parler, nous les mettons parfois autour de la table, patient y compris, afin d’améliorer la prise en charge ». Cette amélioration de la communication est aussi soulignée par Marjorie Gavagnach de la PTA des yrénées-Orientales : « nous améliorons la communication entre ces intervenants, et par ricochet l’amélioration de la coordination de la prise en charge ». Pour Marie-Christine Raverat, Présidente du réseau de santé Gérontologique du Conflent* ce sont aussi de nouvelles pratiques qui émergent car « la coordination téléphonique autour d’un patient ne se faisait pas avant, et cela améliore vraiment le maintien à domicile ».

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En Occitanie, la coordination des situations complexes est historiquement assurée par les réseaux de santé et les MAIA, les CLIC de niveau 3 (les CTA sur certains territoires), et depuis deux ans les PTA, chacun avec leurs savoir-faire. Faire converger ces dispositifs en un unique dispositif d’appui à la coordination revient à mettre en commun les expertises de chacun, au bénéfice d’une meilleure gestion des parcours des personnes en situation complexe et des professionnels qui les gèrent. La convergence est un chantier important, mais les PTA de la région ont creusé les fondations en tissant la toile de l’interconnaissance et en s’impliquant dans divers projets avec les acteurs de santé.

« En direction des publics précaires, nous travaillons avec plusieurs partenaires sur un projet de cellule cas complexe. En parallèle c’était une belle opportunité pour nous de créer du lien avec les acteurs du territoire » explique Yolande Cazes, infirmière coordinatrice pour la PTA du Lot, qui avec moins de six mois d’activité est déjà investie dans de multiples collaborations : « avec les MAIA nous travaillons sur l’identification des dispositifs de coordination et l’élaboration d’annuaires partagés, avec un centre hospitalier sur l’élaboration d’un contrat de soins spécifique de prise en charge en SSIAD. Avec l’Ordre des infirmiers sur un protocole de déclaration d’événement indésirables pour les professionnels libéraux subissant des violences au domicile du patient » ajoute Yolande.

Les besoins des professionnels de santé amènent les PTA à développer des projets en transversalité avec les réseaux de santé. À titre d’exemple la plateforme du Gers travaille sur la prévention de l’obésité pédiatrique avec le REPOPP, ou encore le dépistage itinérant des complications chroniques du diabète avec le programme DIABSAT du réseau Diamip. Dans l’Aude, la PTA planche avec le Pôle des Maladies Neuro Dégénératives sur une formation pour les aides-soignants des SSIAD.

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Dans cette période de transition, les PTA poursuivent les travaux engagés et cherchent à développer leur visibilité auprès de leur cœur de cible. Marie-Christine Raverat constate que si « de plus en plus de sollicitations viennent des établissements et des professionnels du social et médico-social, pour la cible prioritaire représentée par les professionnels libéraux et en particulier les médecins, nous avons des difficultés à les informer et à les impliquer ». Même observation dans le Lot pour Yolande : « les médecins traitants nous sollicitent très peu proportionnellement à leur nombre sur le territoire ». Mais force est de constater que « quand le contact a été établi dans le cadre d’une coordination, le médecin revient très vite vers nous lorsqu’il est devant un patient qui pose problème ».

En attendant la publication des décrets de loi précisant le cadre de la structuration des DAC et la feuille de route de l’Agence Régionale de Santé Occitanie, certains projets se dessinent comme dans les Pyrénées-Orientales : « au premier janvier 2020 la PTA aura une structure juridique issue de la fusion des deux réseaux*. Elle regroupera les missions de la PTA, mais également les missions d’évaluation de terrain des ex-réseaux » annonce Marie-Christine Raverat. Si le cadre régional de déploiement des DAC n’est pas encore connu, cela n’empêche pas les acteurs sur le terrain de prendre les devants car « dans la pratique, nous travaillons déjà ensemble, entre dispositifs d’appui. La PTA participe aux tables tactiques des MAIA, cette dernière nous sollicite quand une thématique nous concerne, et vice versa. Avec le réseau Icare, nous partageons nos expertises et nos points de vue sur les situations », souligne Yolande Cazes.

* La PTA des Pyrénées-Orientales est co-portée par deux réseaux de santé : le réseau de soins palliatifs 66 et le réseau gérontologique du Conflent

TÉMOIGNAGE

Pascal Barrère est infirmier libéral dans les Pyrénées-Orientales. Il nous fait part de son avis quant à l’utilité de la PTA de son département :

Pascal, dans quels cas faites-vous appel à la PTA ?
« Il n’y a pas de cas en particulier ou de problème type. La PTA me permet d’exposer des problèmes que je ne peux pas résoudre. Parfois mes patients sont devant des difficultés pour lesquelles je n’ai pas de solutions, la PTA amène une solution, et rapidement de surcroit. Les exemples sont nombreux : un domicile adapté pour une personne amputée, un médecin traitant pour une personne nouvellement arrivée dans le département… »

Concrètement, qu’est-ce que la PTA change dans votre activité au quotidien ?
« La possibilité d’exposer mes problèmes à une équipe compétente, qui apportera une réponse adaptée. Je transmets toutes les informations disponibles, puis la PTA va faire le lien avec le médecin traitant, le patient et les autres intervenants s’il y en a. Cette coordination gérée par la PTA est d’autant plus importante qu’aujourd’hui, on ne rencontre quasiment plus les médecins de nos patients. Je dirais que la PTA est un « facilitateur » dans certains cas dans mon activité ».

Comment jugeriez-vous l’utilité du dispositif ? quelle est sa valeur ajoutée ?
« La santé à domicile aujourd’hui, c’est compliqué : paupérisation (de mon secteur), raréfaction de certains professionnels, difficulté à trouver le bon service, la bonne personne… La PTA apporte une expertise pluridisciplinaire que je n’ai pas, une connaissance globale des ressources disponibles, une réponse adaptée et rapide. L’aspect pluridisciplinaire de l’expertise est important : les assistantes sociales ont réussi à sortir certains de mes patients de situations vraiment difficiles à vivre ».

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